Cinéma uruguayen à Bordeaux : quatre films pour découvrir l’Uruguay contemporain

À Bordeaux, l’Institut Cervantes, le Consulat de l’Uruguay et le Cineclub Uruguay France proposent un cycle consacré au cinéma uruguayen contemporain. Quatre films, quatre regards et autant de façons de raconter un pays à travers ses histoires, ses identités, ses contradictions et ses imaginaires.

Bordeaux devient, le temps de quelques soirées, une fenêtre ouverte sur l’Uruguay. À travers quatre longs métrages réalisés entre 2010 et 2017, le Cycle de cinéma uruguayen propose de découvrir une cinématographie qui oscille entre comédie, drame, critique sociale et exploration de l’identité.

Organisé par l’Institut Cervantes de Bordeaux, le Consulat de l’Uruguay à Bordeaux et le Cineclub Uruguay France, le programme se déroule dans l’auditorium de l’Institut Cervantes et propose des projections gratuites.

L’intérêt de cette programmation réside précisément dans sa diversité. Il ne s’agit pas de présenter une image unique de l’Uruguay, mais de faire entendre plusieurs voix et plusieurs sensibilités du cinéma uruguayen contemporain.

Une autre manière de découvrir l’Uruguay

Le cinéma possède cette capacité particulière à raconter un territoire sans nécessairement passer par le documentaire ou le discours institutionnel.

Dans ce cycle, l’Uruguay apparaît à travers ses personnages, ses paysages sociaux, ses relations familiales, ses rêves et ses interrogations.

La mémoire de la dictature militaire, les aspirations d’une jeune femme qui rêve d’une autre vie, les transformations des relations amoureuses ou encore les liens familiaux deviennent autant de portes d’entrée vers une société uruguayenne en mouvement.

Cette programmation constitue ainsi une invitation à découvrir la culture uruguayenne en France à travers une sélection de films qui mettent en lumière différentes facettes de l’Uruguay contemporain.

« Otra historia del mundo » : lorsque l’humour devient résistance

Le 21 septembre à 18 heures, le cycle s’ouvre avec Otra historia del mundo (2017) de Guillermo Casanova.

D’une durée de 105 minutes, le film se déroule dans le village fictif de Mosquitos, sous une dictature militaire. Deux amis décident de s’opposer au nouveau colonel du village en organisant une étonnante forme de résistance : ils volent ses nains de jardin et diffusent une proclamation libertaire pour protester contre une loi imposant notamment la fermeture des bars à 22 heures.

Adapté librement de Alivio de luto, de l’écrivain uruguayen Mario Delgado Aparaín, le film mêle humour et mémoire historique.

À travers une situation volontairement décalée, Guillermo Casanova évoque ainsi une période majeure de l’histoire récente de l’Uruguay.

« Miss Tacuarembó » : les rêves d’une enfant devenue adulte

Le 28 septembre à 18 heures, place à Miss Tacuarembó (2010) de Martín Sastre.

Natalia a grandi à Tacuarembó avec le sentiment d’être née au mauvais endroit. Elle rêve de devenir une star et nourrit son imaginaire de références culturelles venues des années 1980, de Flashdance aux telenovelas.

Devenue adulte, elle travaille comme animatrice et chanteuse à Cristopark, un parc thématique consacré au Christ à Buenos Aires. L’arrivée d’un reality-show va cependant bouleverser son quotidien et la confronter à son passé ainsi qu’à sa mère.

À travers Natalia, Miss Tacuarembó explore les rêves, l’identité et le rapport aux références culturelles lorsque l’on grandit loin des modèles auxquels on aspire.

Un film qui interroge également la manière dont les rêves peuvent survivre à la distance géographique et sociale.

« Los modernos » : l’intimité face aux nouveaux codes sociaux

Le 5 octobre à 18 heures, le public pourra découvrir Los modernos (2016), réalisé par Marcela Matta et Mauro Sarser.

Avec une durée de 135 minutes, le film suit trois couples confrontés à des choix liés à la parentalité, à la carrière professionnelle, à la liberté sexuelle et à leurs conceptions de l’amour et du couple.

Le film pose ainsi une question très contemporaine : comment construire sa vie lorsque les modèles traditionnels ne constituent plus nécessairement une réponse ?

À travers les relations entre ses personnages, Los modernos propose une réflexion sur la liberté, les choix individuels et les valeurs qui structurent les relations humaines dans le monde contemporain.

« Las toninas van al este » : une histoire de famille sur la côte uruguayenne

Le cycle s’achève le 19 octobre à 18 heures avec Las toninas van al este (2016), réalisé par Gonzalo Delgado et Verónica Perrotta.

Le film raconte les retrouvailles entre Miguel Ángel García Mazziotti, figure gay vieillissante du monde du spectacle du Río de la Plata, et sa fille Virginia, dont il est séparé depuis plusieurs années.

Lorsqu’il apprend qu’il va devenir grand-père, une nouvelle dynamique familiale se met en place et transforme un week-end à Punta del Este en moment de retrouvailles.

Avec cette dernière projection, le cycle revient à l’une de ses thématiques centrales : la famille, dans toute sa complexité, entre distance, affection, identité et réconciliation.

Le cinéma comme espace de dialogue culturel

À travers ces quatre films, le Cycle de cinéma uruguayen à Bordeaux dessine un portrait pluriel de l’Uruguay.

Il y est question de mémoire et de liberté, mais aussi de rêves, d’amour, de sexualité, de famille et d’identité. Des sujets profondément ancrés dans la société uruguayenne, mais qui dépassent largement les frontières du pays.

C’est précisément ce qui donne à cette programmation une dimension particulière : le cinéma uruguayen devient ici un espace de dialogue entre l’Uruguay, la France et le monde hispanophone.

Pour Bordeaux, ville ouverte aux échanges culturels internationaux, ce cycle constitue également une nouvelle occasion de mettre en relation les publics, les institutions culturelles et les différentes communautés hispanophones présentes en France.

Quatre rendez-vous avec le cinéma uruguayen

Cycle de cinéma uruguayen

📍 Auditorium de l’Institut Cervantes de Bordeaux
🎟️ Entrée libre

21 septembre — 18h
Otra historia del mundo — Guillermo Casanova, 2017

28 septembre — 18h
Miss Tacuarembó — Martín Sastre, 2010

5 octobre — 18h
Los modernos — Marcela Matta & Mauro Sarser, 2016

19 octobre — 18h
Las toninas van al este — Gonzalo Delgado & Verónica Perrotta, 2016

Une programmation pour regarder l’Uruguay autrement

Loin d’une simple succession de projections, ce cycle de cinéma uruguayen à Bordeaux propose un voyage à travers plusieurs générations, plusieurs sensibilités et plusieurs récits.

Une invitation à découvrir le cinéma uruguayen contemporain, mais aussi à regarder l’Uruguay autrement : depuis ses histoires intimes, ses imaginaires et les questions qui traversent aujourd’hui sa société.